Drouet, Juliette, actrice française et la maîtresse de Victor Hugo (1806-1883). Lettre autographe signée ("Juliette").

S. l., 1 mars [1850] vendredi après midi.

4 pp. in-8.

 9.500,00

À Victor Hugo. Belle lettre d'amour à son "cher Toto" dans laquelle elle évoque l'appel à la conscription du cadet de Victor Hugo. Dans ses multiples lettres d'amour, Juliette Drouet se comportait bien autrement qu'une simple maîtresse, mais en femme attentive à tout ce qui touchait son bien-aimé, montrant ainsi sa sensibilité et son intelligence. Ici elle attend son "petit homme" et lui demande ne pas lui "faire croquer le marmot trop longtemps". Elle demande des nouvelles de Madame de Montferrier, une amie de Victor Hugo qui avait été témoin du mariage de l'écrivain, et qu'elle a quittée hier. Elle s'inquiète aussi du sort de François-Victor, le fils cadet d'Hugo qui doit, conformément à la pratique de l'époque, tirer au sort un numéro décidant de son incorporation ou non au service militaire. Elle lui demande: "N'est-ce pas aujourd'hui que ton fils tire à la conscription? Si cela était il est probable que tu resteras chez toi jusqu'au moment où il rapportera son n° de la mairie. Pourvu qu'il ait le bon esprit de tirer le n° 1 il en est fort capable et je lui en fais d'avance mon compliment. Voime, voime, mais je suis sûre que tu aimerais mieux les trois portières chinoises? Tu es si difficile à contenter toi. Quant à moi ce que je préfère à tout les bric-à-bracs même au n° 1 de Toto c'est votre coeur ce qui est bien autrement fantastique que toutes les chinoiseries et les bonnes chances du monde [...]". L'allusion au "n° 1" que Juliette Drouet souhaite que tire François-Victor fait référence au complexe système de tirage au sort en vigueur pour la conscription militaire au XIXe siècle. De ce tirage au sort dépendait la durée du service militaire qui variait de six mois à un an, avec des possibilités d'exemption.

Art.-Nr.: BN#31625 Schlagwort: