Trotsky, Leon, Bolshevik revolutionary and Marxist theorist (1879-1940). Typed letter signed.

Constantinople, 31 Oct. 1929.

Large 4to. 1 ¼ pp.

 6,500.00

To his lawyer Gérard Rosenthal about the Trotskist newspaper "La Vérité", which Trotsky had co-founded in 1929: "[...] La Vérité s'améliore visiblement. On voit que les articles pour la plupart sont écrits avec attention et soigneusement. Je vous ai déjà écrit quelques impressions dans ma lettre précédente. Pour préciser mes idées sur son contenu, je vous dirai quelques mots cette fois sur la bibliographie. Les articles d'A.A. sont très bons et très utiles, mais par le choix des livres et par la manière de les critiquer plus appropriés à une revue marxiste qu'à un hebdomadaire politique. On préférerait voir dans les colonnes bibliographiques de la Vérité des articles sur les Cahiers du bolchevisme, sur la Revue marxiste, sur l'Humanité même, et sur d'autres journaux du parti; naturellement, aussi sur toutes les éditions du Komintern, du Profintern, de la C.G.T.U, etc. Je crois que par l'intermédiaire de la presse, [des éditions mêmes] et d'autres éditions du parti on pourrait mettre en lumière les traits essentiels de l'activité toute entière du parti. Les Cahiers pompeux du bolchevisme avec leur papier de luxe, leurs vignettes originales, etc., démontrent la richesse matérielle et la pauvreté idéologique d'une manière éclatante et même écoeurante. Je crois aussi que l'on devra donner deux ou trois articles sur l'Humanité en les comparant avec les souscriptions précédentes par villes, régions, etc. C'est un travail minutieux, encombrant, mais il peut donner des résultats d'une importance tout à fait singulière sur les changements de l'influence du parti, sur la composition des sympathisants, etc. Sans des études pareilles (aussi par et sur les syndicats) notre critique restera abstraite et parfois même vide. Je parlais dans une de mes lettres à Naville de la nécessité de diviser sérieusement le travail entre la Vérité et la Lutte en en formant un organisme unique. Le camarade Naville me répond que pour cela il faut une organisation unique, ce qui est entièrement juste. Malheureusement je ne vois pas par le journal lui-même ni par les lettres comment on s'y prend pour aboutir à cette organisation unique composée avant tout d'ouvriers actifs. Maintenant quelques mots au 'maître'. Je vous ai envoyé une lettre ennuyeuse sur mes relations avec Rieder. J'ai omis d'y mentionner que Paz lui a accordé le droit de traduction pour les pays européens, à l'exception de l'Allemagne et de l'Angleterre. Rieder retient, dans ce cas, 40% des sommes payées à l'auteur. C'est une piraterie. Il est juste vrai que les éditeurs français pratiquent cette piraterie normalement envers les jeunes écrivains en abusant de leurs besoins d'être introduits par les voies de la 'franc-maçonnerie' internationale des éditeurs. Mais sans parler de ce que j'ai aucun besoin de la protection de Rieder devant ses semblables en Hollande et en Tchécoslovaquie, j'ai reçu un tas de propositions incomparablement plus favorables. J'ai transmis il y a quelques jours à Rieder une proposition analogue d'une société anglo-allemande, qui n'émet pas la prétention de retenir plus de 15% (au lieu des 40% de Rieder). Dans ce cas-ci je suis lié par le traité et Rieder a le droit formel de transporter ce paragraphe dans le nouveau traité. Mais vous pourrez tout de même essayer de faire une certaine pression sur cette matière problématique qui lui sert de conscience. Quant à mon livre sur l'Internationale j'apprends inopinément que toute l'affaire est entre les mains de Madeleine Paz. Je vous envoie ci-joint sa lettre et ma réponse pour vous mettre au courant. Je ne vous encombrerais pas de cette question qu'il ne s'agissait que d'une question personnelle [...] D'ailleurs je vous fais une proposition 'commerciale': les honoraires dus à un avocats dans un cas pareil, nous les déposerons à moitié dans la caisse de la Vérité et dans celle de la Lutte […]".

Atatürk had granted Trotsky political asylum in 1929; he spent the years until 1933 on the Turkish island of Büyükada. In Constantinople he began his work on his autobiography.

Slight traces of handling.

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